Passer de DRH à consultante RH indépendante, c’est une transition vers le freelancing qui soulève rapidement des questions concrètes : statut juridique, sécurité financière, prospection, premières missions ou encore nouvelle organisation du travail.

Dans ce témoignage, nous suivons Audrey, professionnelle de la gestion des ressources humaines, qui a quitté un poste salarié (CDI) pour se lancer comme consultante freelance au service des TPE/PME. Son objectif : construire une activité en DRH à temps partagé, tout en gardant la liberté d’accepter des missions variées (recrutement, paie, administration du personnel, droit du travail, marque employeur).

Pour sécuriser son démarrage, elle fait certains choix stratégiques… qu’elle fera évoluer au fil des mois. Entre tests, ajustements et premières réalités du terrain, son parcours met en lumière ce que l’on n’anticipe pas toujours quand on se lance.

Au sein de La Ressource Humaine, Audrey partage un retour d’expérience concret : les déclics, les défis, et les repères essentiels pour trouver sa place en tant que consultante RH indépendante, sans perdre le cap dans cette nouvelle aventure.

Sommaire de l'article

Le déclic : une envie de longue date… au bon moment

“Je l’avais en tête depuis 15 ans, mais je ne me sentais pas légitime”

Se lancer en tant qu’indépendante n’a pas été un déclic pris à la légère pour Audrey. Cette idée trottait dans son esprit depuis une quinzaine d’années. Le souhait est d’abord né avec l’émergence du terme “temps partagé” plutôt que “freelance”. Mais il y a quinze ans, Audrey ne se sentait pas encore prête. “Je ne me sentais pas forcément légitime”, la peur de ne pas encore “avoir fait le tour”, de ne pas être capable de “tout maîtriser”, tous les domaines, toutes les situations. 

Le contexte était tout autre et rendait les choses moins évidentes. Le temps partagé était peu répandu, souvent lié à des groupements d’entrepreneurs, et “les RH n’avaient pas la même importance qu’aujourd’hui” (surtout dans les TPE/PME) résume simplement Audrey.

Le bon moment : “en plein process de recrutement, je me suis dit non”

Mais cette envie d’indépendance n’a jamais vraiment quitté Audrey et s’est représentée au bon moment. Un moment de prise de décision : “Je savais que j’allais être dans un moment où je devais faire des choix au niveau de mon avenir”. Lors d’un processus de recrutement pour “un très beau poste” équivalent à celui qu’elle occupait, la réponse se présente clairement à Audrey “je me suis dit non, c’est plus du tout ce que je veux faire”. 

En réalité, il suffisait d’un réalignement de la manière d’exercer. À cette même période, son mari lance son entreprise, elle se met donc naturellement à gérer “toutes ses RH”, et un sentiment surgit “ça peut être vraiment chouette de faire ça au quotidien”.

Le souhait d’Audrey de devenir freelance trouve enfin son timing !

Idée → décision → entrée dans le réseau → démarrage réel

Sécuriser le départ : choisir un cadre sans s’enfermer

Le moment du lancement est le moment des décisions importantes. Choisir son statut, se former sur des sujets non RH… Et pour Audrey, le contexte de son lancement a permis de faire beaucoup de choix. Elle quitte son précédent poste dans le cadre d’un licenciement économique et bénéficie du CSP. Elle devient demandeuse d’emploi lorsqu’au 1er avril, les règles d’indemnisation évoluent et s’accompagnent d’une baisse de droits pour les créateurs d’entreprise.

Pourquoi elle a choisi le portage au départ

Le choix du portage salarial s’impose comme “la solution la plus compatible” avec sa situation. 

Audrey rejoint le réseau dès avril mais commence son activité de RH freelance à partir de mi-juin. Le portage lui permet donc de rester concentrée sur l’essentiel : développer son business, sans être occupée par toute la gestion administrative de sa structure. Si le portage répondait à sa situation de base, Audrey ne ferme aucune porte pour une évolution de son statut plus tard.

Elle casse alors une croyance qu’elle avait elle-même à ses débuts : l’idée qu’il faudrait “tout décider tout de suite”. En réalité, un statut se change, il peut se tester, s’ajuster et se choisir au bon moment. Pour elle, l’important est de prendre le temps de se renseigner sans se mettre la pression de l’irréversibilité.

Repartir solide : se former pour gagner en confiance

Une fois le cadre posé, Audrey investit d’abord en elle. Elle choisit de se reformer sur les sujets qui la passionnent et qui vont nourrir sa posture de consultante : conduite du changement, méthodes d’accompagnement autour de l’intelligence émotionnelle et remise à niveau sur l’actualité RH et les tendances. Ce choix répond à un fort besoin de se sentir pleinement légitime et prête à gérer des situations très variées. 

Ce choix est également lié à son expérience professionnelle récente, dans lequel elle n’avait pas pu accéder à la formation. Elle se remet enfin à jour, consolide ses méthodes  et reprend confiance avant de développer son activité.

Trouver son premier client : la prospection qui lui ressemble

Audrey commence par une action simple pour agrandir son réseau : faire savoir à son réseau personnel qu’elle se lance. Puis, elle se pose rapidement la question : comment aller chercher des clients ? Autrement dit : trouver une manière de prospecter compatible avec son tempérament et avec la réalité des dirigeants qu’elle vise.

Son expérience DRH comme boussole : choisir les bons canaux

Son poste d’ancienne DRH va jouer un rôle clé ! Audrey se rappelle très bien ce que ça fait “d’être de l’autre côté”. En poste, elle était sollicitée très régulièrement : LinkedIn, mails, téléphone… au point de ne plus vouloir répondre. Elle se dit alors “Si moi je saturais, il y a de grandes chances que les dirigeants saturent aussi”.

Elle choisit une voie moins “classique” : la prospection physique. Non seulement parce qu’elle n’est pas à l’aise au téléphone mais surtout parce que, dans son expérience, quand quelqu’un venait frapper à la porte, l’accueil était différent. Même s’il y a aussi des refus, il y a toujours de l’écoute. Elle décide de tester ce canal en premier !

Les premiers essais : méthodologie, stress et feeling (et ça marche)

Évidemment les premières fois ne sont pas les plus fluides. Elle y va avec “beaucoup de stress”. Elle s’appuie sur les outils et les conseils qu’elle a à disposition… mais sur le terrain elle avance aussi au feeling parce qu’au début, il n’y a pas de méthode parfaite qui enlève l’appréhension. 

Mais ça prend… ! C’est comme ça qu’elle décroche ses premiers clients.

Elle élargit progressivement : un peu d’appels (avec la méthode fournie dans le réseau), et quelques approches sur LinkedIn via les messages directs. Toujours avec la même logique : rester alignée avec ce qui lui ressemble !

Première mission : le déclic de confiance

Puis arrive la preuve que ça peut fonctionner : la première mission ! Et pour Audrey elle se concrétise grâce à la prospection physique évidemment.

Du “pas besoin” au rendez-vous

Cette mission n’était pourtant pas destinée à se concrétiser. L’histoire commence avec un prospect “ultra froid”.

Audrey se déplace une première fois : le dirigeant n’est pas sur place.

Audrey retente une seconde fois : le dirigeant est en rendez-vous. Il sort quelques minutes pour la saluer mais lui fait comprendre qu’il n’a pas besoin de ses services “pour l’instant”.

Mais, c’est pourtant lui-même qui la rappelle dix jours plus tard : “finalement, je vais peut-être avoir besoin”. 

En plus de représenter une fierté, ce premier “oui” est également un énorme coup de boost pour Audrey. D’autant plus que ce premier client devient un client régulier d’Audrey. Cette confiance installe une conviction “ok je peux le faire”.

La posture de consultante : un autre rapport au client

Sur le fond cette posture de consultante auprès des clients a un goût de déjà vu pour Audrey. Travaillant auprès de dirigeants de filiales lors de sa dernière expérience professionnelle, elle avait l’habitude de collaborer avec différentes personnes. 

Cependant, une différence apparaît nettement : elle se sent plus écoutée. À travers son expérience en entreprise, elle explique avoir souvent dû “se défendre” sur ce qu’elle proposait. En tant que consultante, elle rencontre des dirigeants qui accueillent volontiers les propositions. Paradoxalement, Audrey se sent plus à l’aise.

Entre organisation et imprévus : le quotidien d’Audrey

En expérimentant sa vie de freelance RH, Audrey découvre une réalité : le freelancing apporte de la liberté… à condition d’être structuré. À ses débuts avec peu de clients “elle se laissait porter”. puis arrive une période plus dense (notamment un mois avec cinq clients en parallèle). Et là, impossible de fonctionner au feeling : “sans cadre, tout déborde”

Une organisation nécessaire (sinon “tout déborde”)

Aujourd’hui, la consultante se base sur une ossature hebdomadaire et ajustée chaque dimanche soir. Une journée fixe dédiée à son client en temps partagé, et elle cale le reste en plusieurs grands blocs :

Lundi : Journée backoffice (administratif, réunions internes, propositions commerciales…)

Mardi matin : Prospection 

Mardi après-midi : Production / préparation 

Mercredi : Production 

Jeudi : Journée client temps partagé 

Vendredi matin : Production

Vendredi après-midi : Prospection + rendez-vous

La clé, c’est également, qu’elle se crée des moments pour l’imprévu. Des plages vides pour accueillir les opportunités qui ne préviennent pas “un dirigeant peut proposer un rendez-vous dans deux jours et il faut le préparer correctement sans sacrifier le reste.”

Le revers : la frontière vie pro / vie perso

Cette organisation est également la réponse à sa principale difficulté depuis son lancement : le cloisonnement avec la vie privée. Quand elle travaille chez elle, la tentation est permanente : l’ordinateur est ouvert le soir “pendant que le plat chauffe”, un peu le week-end et “on finit par travailler en dilettante… mais tout le temps”. Cela peut même devenir pire lorsque les objectifs ne sont pas atteints. 

Pour reprendre la main, Audrey  a mis en place des petits gestes simples mais qui fonctionnent : se caler des plages horaires, se poser des limites non négociables (pour elle, pas de rendez-vous le mercredi après-midi). Elle constate que depuis qu’elle a ritualisé ses petites actions, elle respecte ses limites !

Temps partagé, missions ponctuelles , volume de travail… et diversité

Côté missions, l’équilibre d’Audrey s’est construit au fur et à mesure. Au départ, elle associait le temps partagé à une contrainte : elle se lançait pour gagner en liberté et avait peur que cela crée un cadre fixe. Puis elle mesure vite le “coût caché” du 100% ponctuel : une prospection continue et une incertitude forte. Aujourd’hui, Audrey a deux clients en temps partagé, un rythme qui lui permet d’également réaliser plusieurs missions ponctuelles en parallèle. Elle vise un équilibre 50/50 : un socle régulier qui sécurise et suffisamment d’espace pour continuer à varier les interventions. 

Pour le volume de travail aussi, il a fallu tester ses limites. Monter jusqu’à plusieurs dossiers en même temps, c’est possible, mais le temps de prospection est réduit. Son rythme sain est plutôt deux à trois sujets en parallèle, une charge compatible à une organisation réaliste de sa semaine. Mais ce qui reste son moteur, c’est la diversité : Audrey ne s’interdit pas de secteurs, elle aime découvrir de nouveaux environnements, se plonger dans des conventions collectives, se creuser le cerveau pour comprendre “comment ça marche” ailleurs.

Pourquoi le réseau ?

Audrey a rejoint le réseau très tôt, pour se donner un cadre concret, humain et opérationnel, dès le départ.

La raison n°1 : ne pas être seule

C’est sa motivation principale, et paradoxalement, elle se sent moins seule depuis qu’elle est indépendante ! 

Dans son dernier poste, elle s’est très souvent sentie seule : des sujets confidentiels, aucune possibilité d’en parler et la sensation de porter certains problèmes sans relais. Elle voulait absolument retrouver un collectif de pairs pour partager des questions, des pratiques, des réussites mais aussi des difficultés. Au point où Audrey  n’a “même pas envisager” de se lancer seule !

La raison n°2 : gagner du temps

La deuxième raison plus pragmatique : développer son activité sans se perdre. Les sujets RH, elle connaît et en a déjà traiter en entreprise. Mais apprendre à formaliser une offre, structurer son activité, disposer “d’outils prêts à l’emploi”… c’est un vrai gain de temps au démarrage. Le réseau a été pour elle “une solution clé en main”, avec notamment des méthodologies partagées et un CRM qui l’aide à suivre son activité. 

Dans son contexte , il fallait aller vite, et pour ça, rien de tel que de rejoindre un réseau !

Vous pensez aussi à vous lancer en tant que freelance ?

Si tu te demandes comment nous rejoindre, quelles sont les premières étapes d’un lancement dans le réseau et notre manière de fonctionner. Nous t’expliquons tout en vidéo sur notre page « devenez freelance RH » !

Effet client : “Vous faites partie d’un réseau ?”

L’argument du réseau peut convaincre certains clients.  Ce qui est intéressant c’est que l’argument ne vient pas toujours d’Audrey. Elle constate que certains prospects lui posent spontanément la question. Et selon elle, ça rassure : dans l’esprit d’un dirigeant, appartenir à un réseau crée une forme de validation implicite

De son côté, Audrey l’utilise en rendez-vous découverte pour expliquer qu’elle s’appuie sur des méthodes communes, qu’elle n’est pas isolée, et que si un sujet dépasse son périmètre, elle peut s’appuyer sur d’autres expertises.

Pour conclure

En quelques mois, Audrey est passée d’une idée “dans un coin de la tête” à une activité qui prend forme, avec ses premières missions, ses premiers apprentissages et un quotidien qui se structure. Son parcours rappelle une chose simple : devenir consultante RH indépendante ne tient pas à une confiance parfaite au départ, mais à des choix pragmatiques, une organisation claire, et une posture qui s’affine au contact des clients. Et puis beaucoup de feeling pour créer une activité à son image !

Si vous envisagez, vous aussi, une transition vers le freelancing en ressources humaines, retenez surtout ceci : il n’existe pas de lancement idéal, seulement un lancement cohérent, sécurisé, et aligné avec votre manière de travailler. Et parfois, l’appui d’un réseau fait la différence entre “tenter” et “tenir dans la durée”.

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